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Au-delà de la bonté Tony, qui débuta sa carrière à la Banque de Montréal
comme coursier en emploi d’été, est maintenant
chef de la direction de la Banque après 37 ans de service. Elizabeth
est une ancienne présidente du conseil du Tarragon Theatre et
est très active dans le milieu du théâtre torontois.
Le couple faisait récemment la manchette en fondant un groupe
appelé Finissons-en avec l’antisémitisme sans
tarder (FAST) et en recueillant plus de 200 000 $ pour
cette cause. « Ce sont deux personnes très profondes et d’une grande sensibilité, fait-il remarquer. Ils sont tous deux d’un naturel très ouvert. Ce sont deux personnes authentiques qui s’intéressent véritablement aux gens. » Les Comper disent s’identifier facilement aux autres car ils sont d’avis que les similarités entre les gens sont plus importantes que leurs différences. Tony a 60 ans et Elizabeth aura le même âge en novembre. Ils réalisent que certains collègues et amis veulent s’investir dans des causes sociales ou artistiques, mais sont pris par leurs responsabilités familiales. Pour eux, il y un temps dans la vie où les gens peuvent plus facilement trouver le temps et l’énergie qu’il faut pour pouvoir aider les autres. « Les jeunes gens doivent se dévouer à leur famille,
affirme Elizabeth. Il pourront faire autre chose plus tard. Chacun
fait ce qu’il peut. La solidité du mariage des Comper confère du pouvoir à ce
qu’ils font, selon les observateurs. Ce qui démontre très bien que les contraires s’attirent. Tony étant très réservé et parfois même formel, alors qu’Elizabeth est sociable et effervescente. Rien ne la gêne. » M. McHardy a remarqué qu’ils se consultent constamment et, bien qu’ils aient des façons très différentes de socialiser, qu’ils ont beaucoup de choses essentielles en commun. « Ils sont tous deux curieux, suggère-t-il. Ils sont
toujours disposés à apprendre. » « Tony a toujours été curieux et nous avons toujours été d’avides
lecteurs », explique-t-elle. La décision qu’avait alors prise Tony d’abandonner son poste au service du personnel de la Banque pour se joindre à l’équipe des services informatiques était considérée par plusieurs de ses collègues comme un pas en arrière. « Tout le monde lui disait de ne pas faire ça, que ça allait être la fin de sa carrière », se souvient Elizabeth. Mais Tony était persuadé que les ordinateurs avaient un avenir et il décida de prendre cette direction. Il passa dix ans au service technique et y acquit des connaissances et une expérience inestimables. En travaillant pour une banque, en passant plusieurs années dans le domaine de l’informatique et en s’engageant profondément dans les arts, Tony concrétisa les résultats d’un test d’orientation professionnelle qui, en 10e année, avait attesté ses talents pour l’informatique, les lettres et les mathématiques. Les Comper ont vécu dix ans à Montréal. Pendant une partie de ces années, Elizabeth a enseigné à l’Académie hasidique pour filles, une expérience qu’elle juge très enrichissante. Tony travaillait de longues heures tandis qu’Elizabeth étudiait à l’Université Concordia trois soirs par semaine, après avoir enseigné toute la journée. « J’avais décidé de faire quelque chose pour moi-même », précise-t-elle. Elle commença alors à s’intéresser à la littérature pour enfants et obtint une maîtrise en bibliothéconomie de l’Université McGill. Lorsque le couple déménagea à Toronto en 1980, il fut ravi de constater que la ville était devenue beaucoup plus cosmopolite. Ils vécurent à London de 1984 à 1986, ville où ils se prirent d’affection pour le théâtre. Tony travailla en marketing puis dirigea les services informatiques de la Banque à Toronto, devint chef de l’exploitation en 1989 et président en 1990. Il mit sur pied un groupe de treavail chargé de découvrir pourquoi il y avait si peu de femmes dans l’équipe de direction de la Banque; il s’en suivit une augmentation de 9 pour cent à 34 pour cent du nombre de postes de cadres occupés par des femmes. Il lança en outre des initiatives de soutien à l’embauche de membres des minorités visibles, d’autochtones et de personnes handicapées. Elizabeth découvrit des causes qui soulevèrent sa passion. Elle s’investit dans le monde du théâtre torontois, agissant pendant dix ans comme membre du conseil d’administration du Tarragon Theatre, contribua à amasser des fonds pour financer le premier centre gériatrique Yee Hong, un centre de soins pour personnes âgées sans but lucratif ayant une sensibilité particulière pour les cultures chinoise et sud-asiatiques. « Il y a quinze ans, un politicien de Markham avoua publiquement que la ville acceptait trop de Chinois, se souvient Elizabeth. On demanda alors aux chefs d’entreprises de s’élever contre cette attitude discriminatoire et personne ne répondit à l’appel, sauf Tony. Je ne pouvais supporter l’idée que nos concitoyens chinois âgés aient vécu des vies tumultueuses et déménagé au Canada pour se retrouver dans le besoin d’un lit, d’amour et de soins dans leur propre langue ». Elle canalisa ces sentiments en un nombre incalculable d’heures de bénévolat pour contribuer à la fondation et à l’exploitation du Centre Yee Hong. Pendant cinq ans, elle finança cinq bourses d’études destinées à des mères célibataires de la réserve des Six Nations par année et suivit ensuite leurs progrès. « Je voulais les aider à devenir indépendantes, explique-t-elle. Les bourses n’étaient assorties d’aucune condition. Certaines relations ont duré un mois et c’était bien ainsi. Une boursière étudia jusqu’à l’obtention d’une maîtrise. » Tony fit des collectes de fonds et oeuvra au conseil d’établissement de l’Université de Toronto, où il avait obtenu son diplôme des années auparavant. Il siégea en outre au conseil des Gouverneurs du Conseil canadien des Chrétiens et des Juifs et fut vice-président du conseil de l’hôpital St. Michael's. Tony et Elizabeth ont en outre été à l’origine de l’établissement du Prix Elinore et Lou Siminovitch de théâtre, le plus important prix annuel du domaine des arts au pays. Le prix annuel est attribué alternativement à un metteur en scène, à un dramaturge et à un scénographe. Le lauréat reçoit 100 000 $ et la seule exigence à laquelle il est tenu consiste à se choisir un protégé à qui il remet 25 000 $ et auprès duquel il agit comme mentor. « Cela change des vies, affirme Elizabeth avec un plaisir non dissimulé. Nous voulions instaurer quelque chose qui pouvait changer le cours d’une vie. » Il y a un peu plus d’un an, lorsque nombre d’actes de vandalisme antisémites ont été signalés à Toronto, Elizabeth a été ébranlée par les manchettes. Elle a particulièrement été remuée en voyant deux enfants juifs parler des incidents à la télévision. « Un sentiment essentiel m’a alors envahie, relate-t-elle. Je voulais que ces enfants sachent que nous étions responsables de tout ça. Que ça nous regardait tous. Tony était en train de se raser dans la salle de bains. Je suis allée le voir et je lui ai dit : Tony, pouvons-nous faire quelque chose pour ça? » Ce « quelque chose » se traduisit par la fondation de FAST, un groupe composé de 22 chefs d’entreprises non-Juifs qui ont donné au moins 10 000 $ chacun. Les premières initiatives seront des programmes d’apprentissage destinés aux enfants. « Ces gens ont beaucoup de cran, affirme Irving Abella, professeur d’histoire canadienne à l’Université York et ami des Comper depuis quinze ans. Quand quelque chose ne va pas, au lieu d’en parler et de ne rien faire, ils se lèvent et se mettent au travail pour régler le problème. Ce sont des gens d’action, pas des beaux parleurs. Ils forment une équipe et ont beaucoup de compassion pour
la société. C’est ce que j’aime d’eux. Reproduit avec la permission du Toronto Star |
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