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« Pourquoi nous devons réagir »
Allocution prononcée par Tony Comper, président et chef de la direction, BMO Groupe financier, et fondateur de FAST (Finissons-en avec l’antisémitisme sans tarder) dans le cadre des Stratégies pour lutter contre la haine au Canada en ce 21e siècle : la réponse de la communauté juridique

Toronto (Ontario), le 7 novembre 2005

(sous réserve de modifications)

Merci beaucoup, Amanda, et bonsoir à tous.

Pour commencer, je tiens à dire à quel point je suis heureux de joindre ma voix à celles de la communauté juridique pour dénoncer la haine qui sévit encore au Canada au 21e siècle.

Comme certains d’entre vous le savez déjà, j’ai des convictions bien ancrées sur le sujet.

Je suis ici parce qu’en 2004, dans ce que nous décrivons volontiers et fièrement comme « le pays le plus cosmopolite sur Terre », le nombre des incidents antisémites au Canada a atteint le chiffre record de 857 pour l’année. Et parce qu’il est temps que les Canadiens de bonne volonté se lèvent et crient : assez!

Je suis ici également parce que je constate ce que le ministre de la Justice, Irwin Cotler, constatait déjà lorsqu’il enseignait encore à l’université McGill — c’est-à-dire que la planète est maintenant infectée par un nouveau type virulent d’antisémitisme, qui est « sans égal ni précédent depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale ».

Je suis ici parce que des personnes réfléchies et bien informées nous mettent maintenant en garde contre un « deuxième Holocauste », nucléaire cette fois, au Moyen-Orient (évidemment) et dans un avenir assez proche.

Je suis ici parce que j’ai été énergisé par une simple phrase d’un livre récent intitulé, de façon prémonitoire, Those Who Forget the Past: The Question of Antisemitism (Ceux qui oublient le passé : la question de l’antisémitisme) : « Si jamais l’antisémitisme disparaît de la Terre, cela viendra de la transformation des non-Juifs plutôt que des Juifs. »

Je suis ici parce que mon épouse Elizabeth et moi croyons qu’il s’agit, en définitive, d’une crise qui doit être résolue par les non-Juifs.

C’est pourquoi nous avons fondé FAST, qui signifie Fighting Antisemitism Together (Finissons-en avec l’antisémitisme sans tarder) et qui est notre façon de crier : assez! Et c’est pour cette cause que nous avons recruté une équipe hors pair de dirigeants non juifs du monde des affaires et des milieux communautaires, et que je dirai ce que je dirai ce soir — avec le grand espoir de persuader ceux qui ne sont pas encore convaincus.

Mais avant d’entrer dans le vif de mon sujet, je voudrais signaler à votre attention et remercier ces dirigeants qui ont si volontiers adhéré à FAST et qui ont apposé leurs noms et ceux de leurs entreprises sur l’annonce publiée à la mi-mai pour souligner la création de FAST, ainsi qu’à tous ceux qui ont adhéré depuis. Nos efforts ont déjà touché un nombre incroyable de personnes, juives comme non juives, et a produit une vague de soutien qui venait du cœur.

Je voudrais également répondre à une question que l’on nous pose à tous au sujet de FAST et qui porte sur la raison pour laquelle nous avons choisi de nous concentrer sur une manifestation d’intolérance particulière, alors qu’il y en a malheureusement tant d’autres qui mériteraient notre attention.

Bien que les paroles que je prononce aujourd’hui m’appartiennent en propre, j’exprime la pensée de tout le groupe lorsque je dis que nous déplorons l’intolérance sous toutes ses formes sans exception, mais que nous comprenons également que plus notre cible est bien définie et claire, plus nous avons de chances d’obtenir des résultats.

Nous encourageons tous ceux qui ont une cause à cœur à mettre sur pied un mouvement semblable pour lutter contre la haine et le fanatisme qui sévissent dans ce Canada que nous aimons. Si on nous le demande, FAST soutiendra de tels efforts de toutes les façons possibles.

Permettez-moi de vous raconter comment FAST est né et de vous exposer les raisons qui nous ont amenés à croire que les non-Juifs doivent participer au combat contre ce qui a été décrit, malheureusement avec justesse, comme la plus ancienne et la plus persistante des formes de haine.

Elizabeth et moi avons toujours été très troublés par l’antisémitisme et toutes ces doctrines détestables qui finissent en « isme » et qui provoquent tant de détresse et de souffrances. Ce sentiment a atteint son point culminant au printemps de 2004 alors que nous regardions à la télé les reportages sur l’explosion d’incidents antisémites à Toronto et dans les environs.

Comme vous vous en rappelez sûrement, un cimetière juif avait été profané. Des svastikas et des messages haineux avaient été peints à la bombe sur des synagogues et même sur des résidences privées appartenant à des Juifs.

Les images que nous avons trouvées les plus dérangeantes, celles qui ont tenu Elizabeth éveillée la plus grande partie de la nuit, étaient celles des visages effrayés des enfants juifs. Et il est tout à fait exact que le lendemain matin, pendant que je me rasais, Elizabeth m’a coincé dans la salle de bains en me disant qu’on ne pouvait pas rester les bras croisés pendant que de telles choses se déroulaient dans notre pays et dans notre propre ville. J’étais d’accord avec elle : nous allions trouver un moyen de réagir.

En demandant conseil à nos amis juifs quant au type d’aide que nous pourrions apporter, nous avons été profondément marqués par les récits douloureux que nous avons entendus (et continuons d’ailleurs d’entendre) sur le traitement subi par les enfants juifs qui ont grandi au Canada à notre époque.

C’est alors qu’a germé l’idée de créer une organisation réunissant des personnalités éminentes non juives, issues du monde des affaires et des communautés, qui proclameraient haut et fort leur opposition à l’antisémitisme. FAST s’est donné comme mot d’ordre de faire en sorte que les prochaines générations d’enfants juifs qui grandiront au Canada n’aient plus à craindre les gens autour d’eux.

C’est pourquoi, FAST a d’abord ciblé le public des jeunes. Si nous voulons vraiment faire disparaître l’antisémitisme de la Terre, il semble bien que ce soit par eux qu’il faut commencer, en s’adressant avec la voix de la vérité et de la raison aux esprits jeunes non encore complètement formés.

Grâce à la générosité des partisans que FAST a su s’attirer jusqu’ici – notre liste de personnalités éminentes comporte maintenant 30 noms –, nous avons mis sur pied notre premier projet éducatif en septembre. Il s’agit d’un programme d’enseignement appelé Choose Your Voice – Antisemitism in Canada (Choisissez votre voix – L’antisémitisme au Canada) qui s’adresse aux élèves de sixième année et du Secondaire 1 et 2.

Élaboré en collaboration étroite avec la section ontarienne du Congrès juif canadien, le programme traite de l’antisémitisme dans le contexte plus large du fanatisme — dont il constitue un exemple qui est presque certainement le plus ancien de l’Histoire.

Les plans de leçon appuyés par un logiciel puissant offert sur DVD sont faciles à utiliser et conformes aux exigences de l’Ontario en matière de programme scolaire. Ils abordent le sujet de l’exclusion selon quatre angles distincts qui véhiculent tous le même message : ne soyez pas un témoin passif, passez à l’action en vous élevant contre les antisémites et autres petites brutes qui nous empoisonnent la vie.

Nous sommes ravis que le Conseil scolaire du district de Toronto ait accepté d’inscrire Choisissez votre voix à son programme d’étude et que d’autres commissions scolaires de l’Ontario aient manifesté de l’intérêt à cet égard. Nous concentrons actuellement notre attention sur le Québec où nous prévoyons lancer le programme, en versions française et anglaise, en 2006.

Nous ne serons pas satisfaits tant que Choisissez votre voix ne sera pas enseigné en classe partout au Canada. Nous vous encourageons à exiger de votre commission scolaire qu’elle le diffuse dans votre collectivité.

Nous savons bien que cette initiative — comme, d’ailleurs, toutes les autres initiatives de FAST — a peu de chances de toucher les cœurs et les esprits des plus intransigeants, ceux qui ont fort probablement appris à haïr sur les genoux de leurs parents.

Mais elle pourrait contribuer à les marginaliser encore plus, ce qui est parfois le mieux que l’on puisse faire lorsqu’on a affaire à des petites brutes et à des fanatiques.

Comment cela?

Premièrement, en les privant de leur réseau d’influence potentiel, c’est-à-dire ces gens qui manquent de connaissances et qui, pour une raison quelconque, n’ont pas cherché la vérité par eux-mêmes.

Deuxièmement, en faisant un pas de plus et en contribuant à favoriser une opposition active à ceux qui haïssent les Juifs, aux racistes et aux autres brutes et fanatiques dès qu’ils commencent à dire leurs ignobles mensonges ou à faire leurs mauvaises et minables « blagues ». Si la vérité peut nous libérer, elle devrait aussi nous donner plus d’aplomb.

Comment se peut-il que même aujourd’hui, il y ait encore des gens qui croient à un complot juif pour dominer le monde, tel qu’il est décrit dans le Protocole des Sages de Sion, ce document rédigé par un Russe au 19e siècle et si manifestement faux que même un persécuteur aussi débridé que Staline cessa d’y croire?

Comment se peut-il que même aujourd’hui, en dépit de preuves qui pourraient donner un nouveau sens au mot innombrable, il y ait encore des gens qui refusent de reconnaître jusqu’à la réalité de l’Holocauste, et encore moins les leçons que l’on pourrait en tirer? (Soit dit en passant, avez-vous entendu cette histoire selon laquelle ce sont les Juifs qui auraient déclenché la guerre?)

Comment se peut-il que dans un pays comme le nôtre, en ce siècle de lumières, il y ait encore des gens qui réagissent de façon irrationnelle à l’égard des Juifs et du judaïsme et qui sont animés d’une haine si inébranlable qu’ils ne verseraient pas une larme et iraient peut-être jusqu’à se réjouir s’il se produisait un autre Holocauste?

Il ne s’agit pas là de questions purement rhétoriques, certainement pas pour moi en tout cas. Je demeure profondément perplexe devant la vigueur parmi nous de la haine la plus « ancienne » et la plus « persistante » de l’Histoire. Et c’est un sentiment apparemment partagé par l’éditeur du livre que j’ai mentionné plus tôt, Those Who Forget the Past.

« Après près de deux décennies passées à lire sur l’antisémitisme — aussi bien des textes antisémites que des analyses du phénomène — je n’ai pas encore trouvé d’explication satisfaisante de sa persistance », écrit Ron Rosenbaum dans sa préface.

Ensuite, après avoir passé les théories habituelles en revue, y compris celle du châtiment pour la crucifixion, et les avoir retournées dans tous les sens, il avance ce qu’il présente lui-même comme une idée qui « pourrait passer au premier abord pour une suggestion radicale : [que] cela n’a plus d’importance…

« Au point où nous en sommes, poursuit Rosenbaum, l’antisémitisme est gravé dans l’histoire, ou dans la sous-histoire, l’histoire souterraine et la mythologie de la haine [et] il y sera toujours, comme un modèle de réponse facile à tout ce qui fait mal, un baume simpliste : les Juifs sont responsables.

« L’explication du regain de l’antisémitisme, c’est l’antisémitisme : son indéracinable histoire préexistante et son efficacité. Il est devenu sa propre origine. »

Si je continue dans cette voie, il s’ensuit que l’antisémite moderne peut très bien haïr les Juifs sans raison particulière et ensuite devenir antisémite en parole et en fait sous n’importe quel prétexte.

Lorsqu’on repense à ce qui a fait de 2004 une année si infamante, on ne peut s’empêcher de remarquer que le premier pic important a été atteint en mars, dans le sillage du lancement du controversé film de Mel Gibson sur la crucifixion.

D’autre part, le nombre des incidents antisémites avait déjà augmenté au Canada et ailleurs pendant quatre années consécutives, à partir du premier grand pic du 21e siècle, celui qui a été atteint, chose incroyable, dans le sillage de l’attaque du 11 septembre sur le World Trade Center.

Selon cet énorme mensonge, digne du ministre de la propagande nazie Joseph Goebbels lui-même, l’atroce attaque contre le World Trade Center résultait d’un « complot juif » tramé par « les Sages de Sion », comme le prouverait en partie le « fait » qu’« aucun Juif (ou Israélien) n’est mort » dans l’écrasement des tours jumelles, car ils avaient tous été prévenus (ils étaient 4 000) de rester à la maison ce matin-là.

En dépit de la fausseté manifeste et de l’absurdité flagrante de cette affirmation, cet énorme mensonge s’est répandu comme l’incendie du Reichstag, instantanément et dans tout le réseau Internet. Comme l’a écrit Hitler dans Mein Kampf, plus le mensonge est gros, plus il a de chances d’être cru; et celui-là n’a pas fait exception.

Si vous n’aviez pas encore entendu cette histoire, vous n’avez pas à vous en vouloir. Dans les milieux que la plupart d’entre nous fréquentent, l’antisémitisme prend un aspect plus raffiné. Nous n’entendons pas souvent de ces affirmations qui relèvent de la pathologie, pas plus que nous ne côtoyons les lanceurs de bombes incendiaires et ceux qui renversent des pierres tombales ou les lâches qui se promènent avec des bombes aérosol à trois heures du matin.

Les antisémites que vous et moi nous sommes susceptibles de rencontrer s’en prennent aux Juifs en dénigrant Israël tout en se donnant des airs de grands érudits. Ou, si ce sont des penseurs particulièrement profonds, en discréditant la politique et le comportement d’Israël.

Il n’est évidemment pas vrai, bien sûr, que quiconque critique les politiques de l’État d’Israël est de facto un antisémite.

En fait, comme le réputé Alan Dershowitz le souligne dans son livre intitulé Le Droit d’Israël, « les plus durs critiques » du gouvernement d’Israël sont les Israéliens eux-mêmes, « à l’intérieur comme à l’extérieur du gouvernement – et parfois même au sein du cabinet ». (Et il considérait avoir fait partie de ces critiques à maintes occasions.)

Aucun critique honnête n’a jamais été traité d’antisémite, pas plus selon son expérience que selon la mienne, ni d’après celle d’aucune des personnes que je connais.

Comme l’a écrit Thomas Friedman, du New York Times : « Critiquer Israël n’est pas antisémite et prétendre le contraire serait odieux ». Il ajoute cependant que « désigner Israël à l’opprobre et aux sanctions internationales — hors de toute proportion avec les autres parties au Moyen-Orient — c’est de l’antisémitisme et il serait malhonnête de ne pas le dire ».

Et c’est là que je voulais en venir — là où l’antisémitisme devient un problème pour les non-Juifs. Je n’ai pas de réponse toute faite pour tenir ce sous-type de fanatique en échec, mais je vais risquer celle-ci :

Lorsque l’antisémite « raffiné » d’aujourd’hui dit : « Mais en réalité, est-ce que les Israéliens ne font pas aux Arabes (ou peut-être aux Palestiniens) la même chose que Hitler a faite aux Juifs? », vous pourriez lui répliquer :

« Non. Et si vous aviez été le moindrement attentif pendant vos cours d’histoire du 20e siècle, vous comprendriez à quel point ce que vous venez de dire vous fait paraître cruel et mal informé. »

Ou encore :

« Vous faites preuve d’une ignorance si exceptionnelle qu’elle pourrait presque être délibérée. »

On peut très bien, également, tourner brusquement les talons et partir rapidement; ce message-là est très clair, lui aussi. Mais comme nous l’avons souligné très fortement, je crois, en créant FAST, il est révolu le temps où on souriait poliment et où on acceptait que les fanatiques « aient droit à leur opinion ».

Laissez-moi aussi vous dire clairement que si j’entendais dire que des gens comme ceux-là empoisonnent l’atmosphère dans mon entreprise, je réagirais avec vigueur — de la même façon que je réagirais avec vigueur à toute autre forme de fanatisme et de haine.

Nous ne devons pas prendre ces critiques injurieuses pour de simples paroles en l’air. Ce ne sont pas seulement des mots, mais un encouragement pour ceux qui sont susceptibles d’aller plus loin. Ce qui est dit, comme ce qui est cru, acquiert plus que jamais un caractère d’urgence.

Bien que l’espoir d’une trêve entre Israéliens et Palestiniens soit plus grand qu’il ne l’a été depuis de nombreuses années, la possibilité d’une guerre d’usure au Moyen-Orient demeure aussi réelle et effrayante que jamais auparavant.

Peut-être même plus effrayante. La menace proférée, le mois dernier, par le premier ministre iranien qui disait vouloir « rayer Israël de la carte du monde » rappelle un autre scénario tout aussi sinistre qui circule en ce moment, dont l’auteur est un ancien ministre iranien de la Défense. Ce scénario fait la promotion de l’idée d’une guerre nucléaire dans laquelle le monde arabe pourrait accepter de subir 15 millions de pertes de vies en échange de 5 millions de morts israéliens, c’est-à-dire la totalité de la population du pays.

Une hypothèse tirée par les cheveux? Peut-être. Souhaitons-le, en tout cas. Mais quand il est question d’antisémitisme, que l’on regarde 60, 600 ou 6 000 ans en arrière, on constate que certaines idées qui avaient semblé tirées par les cheveux — la Nuit de Cristal, par exemple, ou Auschwitz — sont soudainement et brutalement devenues des réalités.

Peu de personnes en ont été plus conscientes que le professeur et rabbin Emil Fackenheim, ce philosophe de réputation internationale et spécialiste de l’Holocauste qui a enseigné et écrit à l’université de Toronto — un honneur pour cette université — de 1948 à 1984.

En fait, il a vu l’horreur se développer sous ses yeux, alors qu’il était enfant, puis étudiant d’université et séminariste et, brièvement, avant de devenir un des derniers rabbins ordonnés dans le Berlin d’avant-guerre. Il a été arrêté au cours de la Nuit de Cristal, le 9 novembre 1938, et il a passé trois mois dans un camp de concentration.

Un de ses frères aînés a péri dans l’Holocauste.

Parmi les nombreuses choses mémorables que le professeur Fackenheim a dites au cours de ses 87 années de vie active et productive, il y a l’invention, en 1970, de cette expression aujourd’hui si souvent citée, « le 614e commandement ». Comme il l’explique dans son essai intitulé Faith in God and Man After Auschwitz :

« …Dans la tradition juive, il y a 613 commandements, assez pour toutes les situations à venir et passées. Mais la tradition ne pouvait pas prévoir Hitler : l’Holocauste était imprévisible, même pour [la Torah orale]. »

Cela ne doit pas être considéré, poursuit-il, simplement comme « un cas parmi les autres cas de racisme en général », mais comme quelque chose d’unique, même pour les Juifs et leur histoire de persécutions pratiquement ininterrompues. Le péché, cette fois, n’était pas « le comportement juif »; le péché, c’était le fait même d’être juif.

Quel est donc ce commandement supplémentaire auquel, selon le professeur Fackenheim, les Juifs devraient se conformer? « Permettez-moi, écrit-il dans un de ses derniers essais, de reformuler le 614e commandement : “Il est interdit aux Juifs de donner à Hitler des victoires posthumes” ».

Je suis ici aujourd’hui parce que je crois que cela ne doit pas être un combat solitaire, comme cela a si souvent été le cas, pour tant de gens, depuis si longtemps. Et parce que je crois que nous devrions tous nous conformer à ce 614e commandement.

Merci de votre attention. J’espère que certains d’entre vous se joindront à nous pour défendre cette cause.

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