Choisissez votre voix
 FAST
 
Accueil Historique Nouvelles et événements Initiatives FAST Comment contribuer Renseignements
> Sympathisants
> Communiqués
> Discours
> Événements
> Annonce
> Choisissez votre voix
> Lectures connexes
 

Pour commander votre copie sans fraisNouvelles et événements – Discours


« Pourqoui nous devons réagir »
Un discours par Tony Comper, Président et chef de la direction, BMO Groupe financier à l'Empire Club du Canada

Toronto (Ontario), June 16, 2005

(sous réserve de modifications)

Merci beaucoup, Phil, et merci particulièrement à l’Empire Club de me donner cette occasion exceptionnelle de promouvoir une nouvelle offensive contre l’antisémitisme et de recruter des membres pour un organisme composé, je le souligne, de personnes qui ne sont pas juives. Bon après-midi et merci d’être venus.

Je suis ici aujourd’hui parce qu’en 2004, dans ce que nous décrivons volontiers et fièrement comme « le pays le plus cosmopolite sur Terre », le nombre des incidents antisémites a atteint le chiffre record de 857 pour l’année. Et parce qu’il est temps que les Canadiens de bonne volonté se lèvent et crient : assez!

Je suis ici également parce que je constate ce que le ministre de la Justice, Irwin Cotler, constatait déjà lorsqu’il enseignait encore à l’université McGill — c’est-à-dire que la planète est maintenant infectée par un nouveau type virulent d’antisémitisme, qui est « sans égal ni précédent depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. »

Je suis ici parce que des personnes réfléchies et bien informées nous mettent maintenant en garde contre un « deuxième Holocauste », nucléaire cette fois, au Moyen-Orient (évidemment) et dans un avenir assez proche.

Je suis ici parce que j’ai été énergisé par une simple phrase d’un livre récent intitulé, de façon prémonitoire, Those Who Forget the Past: The Question of Antisemitism (Ceux qui oublient le passé : la question de l’antisémitisme) : « Si jamais l’antisémitisme disparaît de la Terre, cela viendra de la transformation des non-Juifs plutôt que des Juifs. »

Je suis ici parce que mon épouse Elizabeth et moi nous croyons qu’il s’agit, en définitive, d’une crise qui doit être résolue par les non-Juifs.

C’est pourquoi nous avons fondé FAST, qui signifie Fighting Antisemitism Together (Finissons-en avec l'antisémitisme sans tarder) et qui est notre façon de crier : assez! Et c’est pour cette cause que nous avons recruté une équipe de dirigeants d’entreprises canadiens non juifs jouissant d’une grande renommée, comme Phil Orsino, et que je dirai ce que je dirai au cours des quinze prochaines minutes — avec le grand espoir de persuader ceux qui ne sont pas encore convaincus.

Mais avant d’entrer dans le vif de mon sujet, je voudrais signaler à votre attention et remercier ces dirigeants d’entreprises qui ont si volontiers adhéré à FAST et qui ont apposé leurs noms et ceux de leurs entreprises sur l’annonce publiée à la mi-mai pour souligner la création de FAST.

Certaines de ces personnes, je suis ravi de le constater, ont pu se joindre à nous aujourd’hui, tandis que d’autres on manifesté leur résolution et leur solidarité en réservant des tables au nom de leur entreprise. L’annonce que nous avons publiée, ils peuvent vous le dire comme moi, a touché un nombre incroyable de personnes, juives comme non juives, et a produit une vague de soutien qui venait du cœur.

Je voudrais également répondre à une question que l’on nous pose à tous au sujet de FAST et qui porte sur la raison pour laquelle nous avons choisi de nous concentrer sur une manifestation d’intolérance particulière, alors qu’il y en a malheureusement tant d’autres qui mériteraient notre attention.

Bien que les paroles que je prononce aujourd’hui m’appartiennent en propre — Elizabeth, en effet, aborderait cette question dans ses mots à elle, comme le feraient les autres personnes qui soutiennent FAST — je sais que j’exprime la pensée de tout le groupe lorsque je dis que nous déplorons l’intolérance sous toutes ses formes sans exception, mais que nous comprenons également que plus notre cible est bien définie et claire plus nous avons de chances d’obtenir des résultats.

Nous encourageons tous ceux qui ont une cause à cœur à mettre sur pied leur propre version de FAST — que nous soutiendrons, si on nous le demande, de toutes les façons que nous pourrons.

Mais en attendant, permettez-moi de vous raconter comment FAST est né et de vous exposer, du mieux que je le peux les raisons pour lesquelles les non-Juifs doivent participer au combat contre ce qui a été décrit, malheureusement avec justesse, comme la plus ancienne et la plus persistante des formes de haine.

C’est vers les jeunes que FAST dirige ses tout premiers efforts, avec l’espoir de faire tout notre possible pour qu’aucune autre génération d’enfants juifs ne grandisse dans la crainte de son entourage.

Au fil des années, Elizabeth et moi avons été profondément marqués par les récits que nous ont faits des amis et des collègues juifs, des gens de notre génération et d’autres plus âgés aussi, ainsi que par les peurs qu’ils avaient éprouvées pendant leur enfance en plein Holocauste et dans son sillage …

…même ici dans le Toronto précosmopolite, où le fait d’être Juif était une raison suffisante pour être battu sur le chemin de l’école, sans parler des torrents d’injures qui auraient effrayé même un psychopathe.

L’autre raison pour mettre l’accent sur les jeunes, c’est que si nous voulons vraiment faire disparaître l’antisémitisme de la Terre, il semble bien que ce soit par eux qu’il faut commencer, en s’adressant avec la voix de la vérité et de la raison aux esprits jeunes non encore complètement formés.

Grâce à la générosité des partisans que FAST a su s’attirer jusqu’ici, notre premier projet éducatif consiste en un programme d’enseignement appelé Choose Your Voice (Choisissez votre voix), que FAST élabore en collaboration étroite avec la section ontarienne du Congrès juif canadien et qui est initialement destiné aux écoles de l’Ontario. Le DVD et les guides d’apprentissage traitent de l’antisémitisme dans le contexte plus large du fanatisme — dont il constitue un exemple qui est presque certainement le plus ancien de l’Histoire. Le lancement de Choose Your Voice est prévu à l’automne.

Nous savons bien que cette initiative — comme, d’ailleurs, toutes les autres initiatives de FAST — a peu de chances de toucher les cœurs et les esprits des plus intransigeants, ceux qui ont fort probablement appris à haïr sur les genoux de leurs parents.

Mais elle pourrait contribuer à les marginaliser encore plus, ce qui est parfois le mieux que l’on puisse faire lorsqu’on a affaire à des petites brutes et à des fanatiques.

Comment cela?

Premièrement, en les privant de leur réseau d’influence potentiel, c’est-à-dire ces gens qui manquent de connaissances et qui, pour une raison quelconque, n’ont pas cherché la vérité par eux-mêmes.

Deuxièmement, en faisant un pas de plus et en contribuant à favoriser une opposition active à ceux qui haïssent les Juifs, aux racistes et aux autres brutes et fanatiques dès qu’ils commencent à dire leurs ignobles mensonges ou à faire leurs mauvaises et minables « blagues ». Nous croyons que si la vérité peut nous libérer, elle devrait aussi nous donner plus d’aplomb.

Pour trouver un très bon exemple récent d’aplomb face à un antisémitisme virulent, on peut aussi regarder du côté des jeunes — pas plus loin, en fait, que l’école Branksome Hall, où quatre jeunes filles de 10e année se sont opposées ouvertement à un nouveau site Web antisémite créé ce printemps par des garçons d’une autre école privée locale.

Les jeunes filles auraient pu passer leur découverte sous silence, faire comme si elle n’avait jamais eu lieu ou encore laisser à d’autres personnes non identifiées le soin de s’en occuper — l’histoire humaine, comme nous le savons, abonde en cas d’ignorance délibéré — mais elles se sont plutôt adressées directement aux autorités, leur directrice, en l’occurrence.

Ce que celle-ci a fait est aussi exemplaire, comme le sont les mesures prises par le directeur de l’école des garçons après qu’elle lui a signalé cette affreuse affaire.

La réaction de ce dernier a été rapide, sans équivoque et juste : trois élèves ont été expulsés de l’école et quatre autres, suspendus — ces derniers (si j’ai bien compris) pour avoir eu connaissance de ce qui se passait sans avoir rien fait.

Autre élément positif, les deux écoles ont intelligemment transformé la crise en une importante occasion d’apprentissage (pour laquelle, malheureusement, elle convenait parfaitement), ne ménageant pas leurs efforts, qui pourraient d’ailleurs aller jusqu’à l’utilisation du programme Choose Your Voice dans au moins une des écoles l’an prochain.

Ceux d’entre vous qui ont suivi le déroulement de cette histoire n’ont pas pu s’empêcher d’être troublés, j’en suis certain, en apprenant qu’un des garçons expulsés était lui-même juif.

Que faut-il penser de cela? Rien. Rien si ce n’est reconnaître le simple et triste fait de l’absolue implacabilité de l’antisémitisme et son aptitude troublante (pour moi) à infecter, à en juger par l’expérience, même les âmes les moins susceptibles d’être contaminées.

Comment se peut-il que même aujourd’hui, au 21e siècle, et malgré la condamnation des papes Jean XXIII et Jean-Paul II et de la plupart des autres dirigeants chrétiens du monde, il y ait encore des gens qui pensent que les Juifs devraient être punis jusqu’à la fin des temps pour la crucifixion?

Comment se peut-il que même aujourd’hui, il y ait encore des gens qui croient à un complot juif pour dominer le monde, tel qu’il est décrit dans Protocole des Sages de Sion, ce document rédigé par un Russe au 19e siècle et si manifestement faux que même un persécuteur aussi débridé que Staline cessa d’y croire?

Comment se peut-il que même aujourd’hui en dépit de preuves qui pourraient donner un nouveau sens au mot innombrable, il y ait encore des gens qui refusent de reconnaître jusqu’à la réalité de l’Holocauste, et encore moins les leçons que l’on pourrait en tirer? (Soit dit en passant, avez-vous entendu cette histoire selon laquelle ce sont les Juifs qui auraient déclenché la guerre?)

Comment se peut-il que dans un pays comme le nôtre, en ce siècle de lumières il y ait encore des gens qui réagissent de façon irrationnelle à l’égard des Juifs et du judaïsme et qui sont animés d’une haine si inébranlable qu’ils ne verseraient pas une larme et iraient peut-être jusqu’à se réjouir s’il se produisait un autre Holocauste?

Il ne s’agit pas là de questions purement rhétoriques, certainement pas pour moi en tout cas. Je demeure profondément perplexe devant la vigueur parmi nous de la haine la plus « ancienne » et la plus « persistante » de l’Histoire. Et c’est un sentiment apparemment partagé par l’éditeur du livre que j’ai mentionné plus tôt, Those Who Forget the Past.

« Après près de deux décennies passées à lire sur l’antisémitisme — aussi bien des textes antisémites que des analyses du phénomène — je n’ai pas encore trouvé d’explication satisfaisante de sa persistance », écrit Ron Rosenbaum dans sa préface.

Ensuite, après avoir passé les théories habituelles en revue, y compris celle du châtiment pour la crucifixion, et les avoir retournées dans tous les sens, il avance ce qu’il présente lui-même comme une idée qui « pourrait passer au premier abord pour une suggestion radicale : [que] cela n’a plus d’importance

« Au point où nous en sommes, poursuit Rosenbaum, l’antisémitisme est gravé dans l’histoire ou dans la sous-histoire, l’histoire souterraine et la mythologie de la haine [et] il y sera toujours, comme un modèle de réponse facile à tout ce qui fait mal, un baume simpliste : les Juifs sont responsables.

« L’explication du regain de l’antisémitisme, c’est l’antisémitisme : son indéracinable histoire préexistante et son efficacité. Il est devenu sa propre origine. »

Si je continue dans cette voie, il s’ensuit que l’antisémite moderne peut très bien haïr les Juifs sans raison particulière et ensuite devenir antisémite en parole et en fait sous n’importe quel prétexte.

Lorsqu’on repense à ce qui a fait de 2004 une année si infamante, on ne peut s’empêcher de remarquer que le premier pic important a été atteint en mars, dans le sillage du lancement du controversé film de Mel Gibson sur la crucifixion.

D’autre part, le nombre des incidents antisémites avait déjà augmenté au Canada et ailleurs pendant quatre années consécutives, à partir du premier grand pic du 21e siècle, celui qui a été atteint, chose incroyable, dans le sillage de l’attaque du 11 septembre sur le World Trade Center.

Selon cet énorme mensonge, digne du ministre de la propagande nazie Joseph Goebbels lui-même, l’atroce attaque contre le World Trade Center résultait d’un « complot juif » tramé par « les Sages de Sion », comme le prouverait en partie le « fait » qu’« aucun Juif (ou Israélien) n’est mort » dans l’écrasement des tours jumelles, car ils avaient tous été prévenus (ils étaient 4 000) de rester à la maison ce matin-là.

En dépit de la fausseté manifeste et de l’absurdité flagrante de cette affirmation, cet énorme mensonge s’est répandu comme l’incendie du Reichstag, instantanément et dans tout le réseau Internet. Comme l’a écrit Hitler dans Mein Kampf, plus le mensonge est gros, plus il a de chances d’être cru; et celui-là n’a pas fait exception.

Si vous n’aviez pas encore entendu cette histoire, vous n’avez pas à vous en vouloir. Dans les milieux que la plupart d’entre nous fréquentent, l’antisémitisme prend un aspect plus raffiné. Nous n’entendons pas souvent de ces affirmations qui relèvent de la pathologie, pas plus que nous ne côtoyons les lanceurs de bombes incendiaires et ceux qui renversent des pierres tombales ou les lâches qui se promènent avec des bombes aérosol à trois heures du matin.

Les antisémites que vous et moi nous sommes susceptibles de rencontrer s’en prennent aux Juifs en dénigrant Israël tout en se donnant des airs de grands érudits. Ou, si ce sont des penseurs particulièrement profonds, en discréditant la politique et le comportement d’Israël.

Il n’est évidemment pas vrai, bien sûr, que quiconque critique les politiques de l’État d’Israël est de facto un antisémite.

En fait, comme le réputé Alan Dershowitz le souligne dans son livre intitulé Le Droit d’Israël, « les plus durs critiques » du gouvernement d’Israël sont les Israéliens eux-mêmes, « à l’intérieur comme à l’extérieur du gouvernement – et parfois même au sein du cabinet ». (Et il considérait avoir fait partie de ces critiques à maintes occasions.)

Aucun critique honnête n’a jamais été traité d’antisémite, pas plus selon son expérience que selon la mienne, ni d’après celle d’aucune des personnes que je connais.

Comme l’a écrit Thomas Friedman, du New York Times : « Critiquer Israël n’est pas antisémite et prétendre le contraire serait odieux ». Il ajoute cependant que « désigner Israël à l’opprobre et aux sanctions internationales — hors de toute proportion avec les autres parties au Moyen-Orient — c’est de l’antisémitisme et il serait malhonnête de ne pas le dire ».

Et c’est là que je voulais en venir — là où l’antisémitisme devient un problème pour les non-Juifs. Je n’ai pas de réponse toute faite pour tenir ce sous-type de fanatique en échec, mais je vais risquer celle-ci :

Lorsque l’antisémite « raffiné » d’aujourd’hui dit : « Mais en réalité, est-ce que les Israéliens ne font pas aux Arabes (ou peut-être aux Palestiniens) la même chose que Hitler a faite aux Juifs? », vous pourriez lui répliquer :

« Non. Et si vous aviez été le moindrement attentif pendant vos cours d’histoire du 20e siècle, vous comprendriez à quel point ce que vous venez de dire vous fait paraître cruel et mal informé. »

Ou encore :

« Vous faites preuve d’une ignorance si exceptionnelle qu’elle pourrait presque être délibérée. »

On peut très bien, également, tourner brusquement les talons et partir rapidement; ce message-là est très clair, lui aussi. Mais comme nous l’avons souligné très fortement, je crois, en créant FAST, il est révolu le temps où on souriait poliment et où on acceptait que les fanatiques « aient droit à leur opinion ».

Laissez-moi aussi vous dire clairement que si j’entendais dire que des gens comme ceux-là empoisonnent l’atmosphère dans mon entreprise, je réagirais avec vigueur — de la même façon que je réagirais avec vigueur à toute autre forme de fanatisme et de haine.

Nous ne devons pas prendre ces critiques injurieuses pour de simples paroles en l’air. Ce ne sont pas seulement des mots, mais un encouragement pour ceux qui sont susceptibles d’aller plus loin. Ce qui est dit, comme ce qui est cru, acquiert plus que jamais un caractère d’urgence.

Bien que l’espoir d’une trêve entre Israéliens et Palestiniens soit plus grand qu’il ne l’a été depuis de nombreuses années, la possibilité d’une guerre d’usure au Moyen-Orient demeure aussi réelle et effrayante que jamais auparavant.

Peut-être même plus effrayante. Il y a un scénario qui circule en ce moment, dont l’auteur est un ancien ministre iranien de la Défense. Ce scénario fait la promotion de l’idée d’une guerre nucléaire dans laquelle le monde arabe pourrait accepter de subir 15 millions de pertes de vies en échange de 5 millions de morts israéliens, c’est-à-dire la totalité de la population du pays.

Une hypothèse tirée par les cheveux? Peut-être. Souhaitons-le, en tout cas. Mais quand il est question d’antisémitisme, que l’on regarde 60, 600 ou 6 000 ans en arrière, on constate que certaines idées qui avaient semblé tirées par les cheveux — la Nuit de Cristal, par exemple, ou Auschwitz — sont soudainement et brutalement devenues des réalités.

Peu de personnes en ont été plus conscientes que le professeur et rabbin Emil Fackenheim, ce philosophe de réputation internationale et spécialiste de l’Holocauste qui a enseigné et écrit à l’université de Toronto — un honneur pour cette université — de 1948 à 1984.

En fait, il a vu l’horreur se développer sous ses yeux, alors qu’il était enfant, puis étudiant d’université et séminariste et, brièvement, avant de devenir un des derniers rabbins ordonnés dans le Berlin d’avant-guerre. Il a été arrêté au cours de la Nuit de Cristal, le 9 novembre 1938, et il a passé trois mois dans un camp de concentration.

Au cours de l’été 1939, il s’est enfui en Angleterre où comble de l’ironie — il a été arrêté en tant qu’« ennemi étranger » lorsque, quelques semaines plus tard, l’Angleterre et l’Allemagne sont entrées en guerre.

C’est ce qui l’a poussé au Canada, où il a étudié à l’université de Toronto avant d’y enseigner, tout en exerçant (très tôt) la fonction de rabbin pour une congrégation de Hamilton. Dans l’intervalle, un frère aîné avait péri dans l’Holocauste.

Parmi les nombreuses choses mémorables que le professeur Fackenheim a dites et publiées au cours de ses 87 années de vie active et productive, il y a l’invention, en 1970, de cette expression aujourd’hui si souvent citée, « le 614e commandement ». Comme il l’explique dans son essai intitulé Faith in God and Man after Auschwitz :

« …Dans la tradition juive, il y a 613 commandements, assez pour toutes les situations à venir et passées. Mais la tradition ne pouvait pas prévoir Hitler : l’Holocauste était imprévisible, même pour [la Torah orale]. »

Cela ne doit pas être considéré, poursuit-il, simplement comme « un cas parmi les autres cas de racisme en général », mais comme quelque chose d’unique, même pour les Juifs et leur histoire de persécutions pratiquement ininterrompues. Le péché, cette fois, n’était pas « le comportement juif »; le péché, c’était le fait même d’être juif.

Quel est donc ce commandement supplémentaire auquel, selon le professeur Fackenheim, les Juifs devraient se conformer? « Permettez-moi, écrit-il dans un de ses derniers essais, de reformuler le 614e commandement : Il est interdit aux Juifs de donner à Hitler des victoires posthumes ».

Je suis ici aujourd’hui parce que je crois que cela ne doit pas être un combat solitaire, comme cela a si souvent été le cas, pour tant de gens, depuis si longtemps. Et parce que je crois que nous devrions tous nous conformer à ce 614e commandement.

Merci de votre attention. J’espère que certains d’entre vous se joindront à nous pour défendre cette cause.

haut de la page

 

 

À propos de FAST

La trousse de CVV

Programme de formation

Le réseau

Les témoignages

CVV nouvelles et événements

La foire aux questions